Homme ou femme de Cheval?

Depuis la création de SolySOMBRA, nous faisons un constat plutôt singulier :
Parmi tous les mails que nous recevons, nous n’avons jamais été contactés par un spécimen de la gente masculine, que ce soit pour nous complimenter, nous demander conseil ou même pour nous fustiger !
Les faits sont là : Seules les femmes s’intéressent à notre concept et par voie de conséquence à l’idée que nous nous faisons du bien-être du Cheval et à cette équitation empathique.
Cela en revient-il à considérer que les femmes seules, dans le monde du Cheval, ont le monopole de la sensibilité, de l’empathie, de la douceur, de l’amour ?

Je crois malheureusement qu’ à quelques exceptions près, les hommes et les femmes ne viennent pas à l’équitation pour les mêmes raisons.
Alors que l’homme est dans la dynamique, l’action et le résultat, la femme est dans la douceur, la patience et l’empathie.
S’il faut que l’homme tienne, qu’il contrôle, la femme quant à elle veut ressentir, comprendre et être comprise.
Assis 1m60 au dessus des autres, il se veut plus beau, les cheveux au vent...
Assise à 1m60 sur son dos, elle le veut plus libre, la crinière au vent...
Arrêtons ici la liste des comparaisons «faciles» qui vont m’attirer des féroces détracteurs !

Bien sûr, il existe de nombreux contre exemples à ce qui vient d’être énoncé. Mais force est de constater que cette tendance générale est facilement identifiable dans n’importe quel centre équestre.

Nous ne pouvons évidemment pas nier être fondamentalement différents les uns des autres, avec pour chacun, nos traits dominants liés à notre programmation génétique.
Cela dit, si demain le rapport de soumission devait être banni de l’équitation, s’il devait s’agir, non plus d’imposer mais de proposer en traitant d’égal à égal avec le Cheval, je pense que la majorité des cavaliers masculins arrêteraient tout bonnement de monter à cheval, tout simplement parce que ce n’est pas ce qu’ils sont venus chercher ! Ils viennent consommer et on les a suffisamment confortés dans cet esprit. On leur donne toutes les ficelles pour laisser s’épanouir ce qui fait d’un homme, un "homme" au regard d'une culture millénaire: Sa capacité de dominer, de soumettre, d’imposer ses choix, de donner ses ordres, de montrer qui commande, de diriger. Le Cheval n’est souvent qu’un prétexte, un faire-valoir. Un moyen de développer l'estime de soi, de renforcer son ego.

La femme est en train d’apporter un souffle nouveau sur le monde du Cheval et sur sa future condition d’animal de compagnie. C'est une évidence. La Femme, qui a patiemment attendu son heure, est depuis peu (quelques dizaines d’années finalement !) autorisée à réfléchir et donner son avis sans risquer de se faire rouer de coups. Elle est autorisée à ressentir ce qui n’est pas forcément palpable sans pour autant risquer le bûcher pour acte de sorcellerie! Plutôt que d’accueillir cela d’un mauvais œil ou avec cynisme, il est temps pour nous autres, de faire notre examen de conscience en commençant par ceci :
Messieurs, il y a un état de fait contre lequel nous ne pouvons rien : L’homme naît «XY». Toute sa vie, il aura beau essayer de le nier, il y a une part de son être qui regorge de ces vilains défauts qui sont l’apanage du sexe faible : Sensibilité, émotion, empathie, patience etc... La société, la religion, l’environnement familial le lui font juste oublier et ce, dès tout petit... Or ces qualités le Cheval les comprend, les reconnaît et les apprécie au moins autant (j'aurais tendance à dire bien plus) qu'une certaine forme d'autoritarisme exacerbé, et ce n’est qu’en les cultivant et en les mettant au service d’une autre forme de relation qu’il nous donne de son plein gré une part de sa grâce.
Tout homme est en mesure de vivre cela. Encore une fois, ce n’est que du travail sur soi...
Cela dit, Mesdames, cultiver ces qualités signifie les contrôler pour bien veiller à ne pas tomber dans l'infantilisme, ce dont le Cheval, je pense, n'a pas besoin.