Equitation éthologique ou éthique?

Cette thématique voit le jour sous le signe de l'amertume et de l'indignation. La vidéo qui vous est présentée est extraite du DVD de la méthode d'un des plus célèbres nouveaux maîtres américains et c'est son épouse que l'on voit "oeuvrer" en tant que formatrice et dispenser la bonne parole.

 

 

 

 

 

Vidéo équitation éthologique

 

Cet extrait est en fait très pédagogique. On peut y voir une femme nantie de solides connaissances en équitation éthologique (puisqu'elle les dispense lors de stages!) se faire bousculer dans ses certitudes. Elle sombre dans une violence gratuite et aveugle où il n'est plus question de communication mais de sévices corporels et psychologiques destinés à apaiser son ego écorché à vif.
Dans une totale décontraction, avec un sourire angélique elle corrige la "bête", lui montre qui est le patron. Ouf ! l'honneur est sauf. L' animal le sait désormais. Je vous laisse imaginer le chaos qui règne à cet instant dans la tête de ce pauvre cheval.

L'équitation éthologique a apporté un lot d'outils très efficaces bien plus à mon sens que les traditionnels mors, éperons, enrênements et consorts car ils agissent sur la corde la plus sensible du cheval : Son émotionnel, l'instinct de fuite lié à sa condition d'animal de proie.
Ces outils sont si puissants qu'ils permettent d'obtenir très facilement, pour peu que l'on soit à l'aise avec son schéma corporel, des résultats étonnants, proches du tour de magie. De plus, ces outils étant invisibles, on peut très facilement avec un peu de théâtralité faire croire au néophyte ou au cavalier crédule qu'on instaure une vraie relation de confiance avec le cheval...
Or, ce n'est pas l'appareil photo qui fait le photographe, ce n'est pas le pinceau qui fait l'artiste peintre et ce ne sont pas les sept jeux Parelli qui font l'homme de cheval du 21ème siècle.
L'outil n'est qu'un moyen de faire passer une émotion, un message, un état d'esprit.
Un outil si bon soit-il, mis entre les mains d'une brute, d'un frustré ou simplement d'un être dépourvu de toute humilité, de toute sensibilité devient une arme redoutable.
L'équitation éthologique nous parvient à une époque où l'homme commence à être dans de bonnes dispositions mentales pour changer son rapport à la nature et aux êtres qui la peuplent mais également dans une société de rentabilité où chaque loisir est minuté. Cette équitation s'est donc naturellement mise au diapason, ne se focalisant que sur le confort et le bien-être du cavalier mais tout en lui donnant l'illusion de participer à une meilleure relation au Cheval. L'équitation éthologique vous apprend comment avoir un cheval calme pendant qu'on le ferre, calme pendant qu'on le tond. Elle va vous expliquer comment très facilement faire accepter le mors à un cheval. Elle va vous démontrer que l'homme de cheval aguerri, issu au rang suprême de chuchotteur (comprendre : qui a dépensé suffisamment d'argent en de multiples modules de formation ) doit être capable de débourrer un poulain en une journée, une après-midi, une heure... Entre nous, envisageriez vous ne serait-ce qu'une seconde d'apprendre à nager à votre enfant en une heure ?
Au bilan, qu'apporte réellement cette équitation au cheval ? On lui met toujours un mors dans la bouche malgré le fait qu'on lui ait appris à fonctionner sans !!! On continue de le stocker entre quatre murs, de le ferrer, le tondre...
L' éthologie en tant que science a mis à notre disposition une somme d'informations très intéressantes sur les besoins du cheval, sur sa nature d'animal de proie, sa vie sociale etc...
Ne commettons pas l'erreur d'utiliser ces précieuses informations aux seules fins de servir encore plus efficacement nos besoins personnels de domination.
Toute relation ne peut s'épanouir que dans la mesure où elle est réciproquement profitable aux deux protagonistes. Cette règle s'applique aux êtres humains et j'ai la conviction qu'elle est de mise dans une relation homme cheval. Si l'un ou l'autre est lésé, la relation se transforme inévitablement en confrontation d'où les deux sortent quoiqu'il en soit perdants. Pourquoi vouloir à tout prix montrer au cheval « qui est le patron » quand c'est un guide qu'il nous faut être.
Soyons optimistes, après tout, cela fait plusieurs millénaires que le cheval attend patiemment que l'on prenne la mesure de sa condition. Il n'est plus à quelques dizaines d'années près... N'est-ce pas?